Principes et Remèdes

En quoi l'homéopathie diffère-t-elle de l'allopathie? Quels sont les principes de cette "médecine douce", ses limites et ses possibilités? Toute la lumière sur le sujet, pour comprendre et choisir en connaissance de cause. De A à Z, les maux et les malaises les plus courants que l'on peut soigner soi-même; les principaux remèdes, avec leurs caractéristiques et leurs indications selon les symptômes.
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LES TYPOLOGIES DE L'HOMÉOPATHIE : Typologie du premier regard

Nous appellerons ainsi cette typologie un peu « sauvage » qui permet à certains homéopathes de dire à coup sûr, à la vue de certains malades : celui-là est Hepar Sulfur, cet autre est Natrum muriaticum, cet autre encore est Carbo vegetabilis et celui-ci est Phosphoras.

Il se donne ainsi mentalement une première indication du remède dont le malade est comme le reflet. Bien sûr, il s'agira, à travers la longue consultation, de vérifier le bien-fondé de cette première impression, en confrontant les symptômes exposés et observés aux pathogénésies envisagées. Mais lors du premier diagnostic, les traits du visage, la couleur des yeux et des cheveux, le teint, l'embonpoint, la démarche, le maintien, la façon de s'asseoir, les gestes, etc., sont déjà, pour un « vieil » homéopathe, autant de signes importants dont quelques-uns sont peut-être décisifs. Mais il faut pour cela une longue pratique des hommes malades et sains, et une connaissance approfondie de la médecine homéopathique.

LES TYPOLOGIES DE L'HOMÉOPATHIE : Typologie de Nebel

Antoine Nebel classait les individus selon les trois constitutions minérales de base du squelette. Il distinguait ainsi une constitution Garbo-calcique, correspondant au carbonate de calcium. Ces individus massifs, trapus, et résistant bien à la tuberculose, étaient considérés par l'auteur comme les types les plus équilibrés. La constitution phospho-calcique, correspondant au phosphate de calcium, était celle des individus longilignes, frêles, fluets, à poitrine étroite.

Nebel considérait qu'ils étaient peu résistants à la tuberculose. Les individus appartenant à la constitution fluoro-calcique, c'est-à-dire correspondant au fluorure de calcium, n'avaient pas une morphologie bien déterminée, mais ils étaient particulièrement résistants à la tuberculose.

LES TYPOLOGIES DE L'HOMÉOPATHIE : Typologie de Grauvogl

Schématiquement, on peut considérer que les individus sont classés par Grauvogl suivant la qualité de leur métabolisme, des réactions biochimiques de leur organisme. Ainsi, le type oxygénoïde possède un métabolisme qui brûle bien et élimine tous ses déchets, même au-dessus de la normale.

Le type hydrogénoïde est caractérisé par une certaine rétention d'eau à l'intérieur des tissus. L'exemple en est le lymphatique. Le type carbonitrogène possède une balance métabolique mal équilibrée ; le catabolisme est plus faible que l'anabolisme, l'élimination que l'absorption. Ce sont souvent des auto-intoxiqués chroniques. Leur exemple est l'arthritique.

LES TYPOLOGIES DE L'HOMÉOPATHIE

La médecine homéopathique attache, depuis Hahnemann une importance primordiale au terrain, au fond héréditaire qui va nourrir la constitution et le tempérament, origines l'une de la morphologie, l'autre du comportement.

Ce problème du terrain et des variétés héréditaires qu'il supposait avait préoccupé Hahnemann lorsqu'il s'était agi de traiter, selon sa méthode thérapeutique, diverses maladies chroniques qui ne répondaient pas comme les maladies aiguës. Il en était venu à distinguer trois sortes de diathèses ou prédispositions à telle ou telle maladie chronique : la syphilis, la sycose et, surtout, la psore dont le miasme (entendons les toxines) était, selon lui, responsable d'un nombre impressionnant de maladies chroniques.

Mais cette classification hahnemannienne est pathologique ou prépathologique. Les homéopathes, et pas seulement eux, allaient s'efforcer de définir, dans l'infinie variété des individus, des groupes répondant à certaines caractéristiques : des types.

Cette typologie n'est pas nouvelle ; elle remonte même au père de la Médecine, à Hippocrate, qui divisait les hommes selon leurs humeurs en quatre types : le sanguin, le bilieux, le lymphatique et l'atrabilaire ou nerveux.

Bien des systèmes, basés sur l'anthropologie, sur la morphologie, sur les fonctionnements endocriniens, sur les tendances psychotiques, etc., ont été élaborés au cours des siècles, mais il fallut attendre le XX, siècle pour avoir entre les mains un outil presque parfait, basé sur une étude statistique rigoureuse -, la typologie de Sheldon. L'étude portait sur les aspects morphologiques et caractériels ; elle aboutissait à la définition de trois types fondamentaux : le viscérotonique, le cérébrotonique et le somatotonique.

À ce propos. il est essentiel de rappeler que ces types sont des cas extrêmes et que l'écrasante majorité des individus se répartit entre eux, selon des ordres de grandeur que Sheldon a d'ailleurs chiffrés : tel, par exemple, l'indivi du 543, c'est-à-dire un individu qui aura 5 composantes somatotoniques, 4 viscérotoniques et 3 cérébrotoniques. On voit avec quelle souplesse fonctionne le système de Sheldon. Curieusement, cette typologie recoupe en partie celle des Allemands Kretschmer et Grauvogl, et celles du Suisse Nebel et du Français Léon Vannier.