Principes et Remèdes

En quoi l'homéopathie diffère-t-elle de l'allopathie? Quels sont les principes de cette "médecine douce", ses limites et ses possibilités? Toute la lumière sur le sujet, pour comprendre et choisir en connaissance de cause. De A à Z, les maux et les malaises les plus courants que l'on peut soigner soi-même; les principaux remèdes, avec leurs caractéristiques et leurs indications selon les symptômes.

LES REMÈDES HOMÉOPATHIQUES : Les substances végétales


Les plantes représentent la grande majorité des substances employées pour préparer les remèdes homéopathiques. Elles sont choisies avec un soin extrême et utilisées très rapidement après avoir été cueillies dans leur habitat naturel, c'est-à-dire à l'état frais et à l'état sauvage. Le moment de la cueillette est très important, car il est prouvé que la valeur thérapeutique de la plante varie avec le temps. La plante est utilisée entièrement ou en partie (fleurs, feuilles, racines, écorces, etc.).
Une grande précision dans la détermination des espèces, des sous-espèces, des variétés, est indispensable et pose d'ailleurs des problèmes de classification très délicats dans l'uniformisation des pharmacopées.
Notons enfin que des plantes exotiques sont également utilisées, ainsi que des plantes desséchées et cultivées, mais c'est beaucoup plus rare, du moins dans ce dernier cas.

  • Les teintures-mères
Les substances sont ensuite transformées en teintures alcooliques appelées teintures-mères, car elles sont en quelque sorte les « mères » des dilutions futures. Une teinture-mère de substance végétale est une macération dans l'alcool d'une plante fraîche ou d'une de ses parties ou, plus rarement, d'une plante desséchée. Cette préparation s'opère selon une technique précise, parfaitement définie par le Codex français. La macération et l'obtention de la teinture-mère dure un peu plus de trois semaines. La préparation de la teinture-mère se fait généralement dans un récipient de verre, car les récipients métalliques, particulièrement ceux en acier inoxydable, altèrent la substance préparée. Quoiqu'il en soit, les teintures-mères doivent être conservées dans des récipients hermétiquement bouchés, à l'abri de la lumière et dans un endroit frais. Dans ces conditions, elles peuvent se conserver environ cinq ans. Les teintures-mères, nous l'avons dit. sont la base des dilutions homéopathiques. Il peut cependant arriver qu'elles soient prescrites telles quelles. Le médecin les indique alors comme ceci : nom du remède suivi des initiales, en majuscules, de teinture-mère, soit T.M. Par exemple : Calendula T.M.

LES PRINCIPES DE L'HOMÉOPATHIE : Loi d'individualisation

Loi d'Individualisation
Chaque individu réagit à sa manière, selon sa constitution, son tempérament, son passé, etc., en un mot son « ego », à n'importe quelle maladie, et il en va ainsi de tous les hommes. Il ne s'agira donc pas pour le médecin de soigner une maladie, mais un malade. Celui-ci est un tout qu'il faut traiter comme un tout. C'est pourquoi l'homéopathie est une médecine individuelle.

Nous possédons une hérédité et celle-ci détermine notre constitution, voire notre tempérament. Cet ensemble qui fait de nous un individu unique subit des influences physiques auxquelles nous réagissons justement selon ce que nous sommes. Quand ces influences sont nuisibles, pathologiques, en d'autres mots lorsque nous sommes malades, ces réactions se traduisent par des manifestations plus ou moins visibles de notre organisme ; ce sont les symptômes. La médecine classique identifiera certains de ces symptômes comme caractéristiques de telle maladie, mais tiendra souvent les autres pour quantité négligeable. Le médecin homéopathe, par contre, les passera tous en revue, vous questionnera et établira un véritable dossier de votre état d'individu malade, car son but n'est pas d'identifier une maladie, mais de découvrir à quelle pathogénésie votre tableau symptomatique correspond, c'est-à-dire quel remède unique, quel simillimum, pourra vous guérir. Mais, dans certains cas, plusieurs remèdes seront nécessaires.

Nous venons de voir que l'individualisation du malade était fondamentale pour l'homéopathie. Cette importance accordée à l'individu a conduit Hahnemann, - après Hippocrate et bien d'autres, à essayer d'établir une classification des individus d'après leur diathèse, c'est-à-dire leur prédisposition pathologique. Plus tard, cette typologie s'est modifiée. Nous en parlerons plus loin, au chapitre consacré aux typologies.

LA CONSULTATION DE L'HOMÉOPATHIE : Le traitement

•    Premier cas : Votre homéopathe est un uniciste, voire un kentiste, espèce plus rare encore. Il est partisan, comme Hahnemann, du remède unique qui reproduit tous les symptômes qu'il a pu trouver ; ce remède unique a un nom, c'est le Simillimum. Après avoir établi le tableau symptomatique possible du malade, l'uniciste devra le comparer, guidé par sa connaissance, au maximum de pathogénésies de l'abondante Matière médicale. Et ayant trouvé le remède unique, le Simillimum, s'il le trouve, il vous le prescrira à la dilution convenable.

•    Deuxième cas : Votre homéopathe est un complexiste ou pluraliste ; c'est l'espèce la plus fréquente. Il prescrira un minimum de remèdes correspondant au maximum de symptômes. Ces remèdes sont généralement à prendre ensemble, ce qui s'écarte notablement de la doctrine hahnemannienne. Mais on a constaté, depuis, que l'effet était tout aussi bon. Généralement, la dilution du remède sera d'autant plus élevée qu'il correspondra à un nombre plus élevé de symptômes. Inversement, la dilution sera d'autant plus basse que les symptômes du remède sont plus rares.

On utilise aussi des médicaments dits de drainage, dont le rôle consiste à favoriser l'élimination des toxines par les reins, le foie, la circulation sanguine, l'intestin, les glandes sudoripares, etc. Le rôle de ce médicament de drainage est de compléter celui des autres médicaments.

Viennent ensuite les remèdes de fond, toujours prescrits à haute dilution. Ils agissent au niveau du ter-; rain, c'est-à-dire de la constitution, du tempérament, du psychisme, des prédispositions morbides ou diathèses. Ils sont également utilisés dans les maladies chroniques. Les moyennes dilutions concernent plutôt les affections chroniques récentes, ou celles que caractérise un ensemble de symptômes aigus, par exemple les intoxications alimentaires. Dans les cas aigus, on prescrit le plus souvent les basses dilutions, dont les effets sont rapides mais brefs, d'où la nécessité de renouveler souvent les doses. Les médicaments de drainage, dont nous avons parlé plus haut, sont également prescrits à basse dilution, car c'est ainsi qu'ils agissent le mieux au niveau de tel tissu, de tel organe, de façon élective et rapide.

Contrairement à ce qu'on croit généralement, l'homéopathie obtient des résultats remarquables dans les états aigus, parfois même plus rapidement que la médecine allopathique et quasi sous les yeux du médecin homéopathe qui vient de donner ses premiers granules au malade. Cette action rapide et précoce suppose évidemment un choix très sûr du remède. En outre, cette affection aiguë va généralement disparaître rapidement ; le rhume traité homéopathiquement en est un exemple frappant. Après une amélioration spectaculaire et une guérison rapide, la convalescence sera également de courte durée et elle sera d'ailleurs suivie homéopathiquement.
Quant aux récidives, elles sont tout à fait exceptionnelles, car c'est l'ensemble du corps qui a été modifié par le traitement homéopathique, faisant tout rentrer dans l'ordre et donnant des forces contre un éventuel sursaut de la maladie.

En général, le traitement des maladies chroniques ne donne pas des résultats aussi évidents que dans les affections aiguës. Dans certains cas où la maladie chronique est apparue récemment, ces résultats peuvent être aussi rapides ou presque. Mais lorsqu'il s'agit d'une maladie que le patient traîne depuis de longues années, il est évident que le traitement ne peut changer du jour au lendemain une situation si bien ancrée, si bien inscrite dans le terrain du malade. Le médecin se trouve devant une santé qui s'est détériorée au fil des années, irrémédiablement, semble-t-il, et il doit agir. Or, le résultat visé par l'homéopathe est un résultat en profondeur. Il se soucie médiocrement de faire disparaître tel symptôme, si c'est pour en voir apparaître un autre. Ce qu'il veut, c'est rendre de nouveau le terrain sain.

Au début du traitement d'une maladie chronique par la médecine homéopathique, on observe une période d'aggravation plus longue que dans les cas aigus. Mais ces quelques jours difficiles à traverser en valent bien la peine, si c'est pour guérir une maladie qui fait de la vie un enfer. Le traitement d'une maladie chronique exige évidemment qu'il se prolonge, que les consultations de révision soient périodiques, que le malade soit très surveillé pendant quelques années. Bien souvent, en effet, après la disparition de leurs symptômes, les malades chroniques se croient guéris et délaissent leurs granules ou leurs gouttes ; c'est une grave erreur, car le terrain n'est peut-être pas encore solide et doit être convenablement entretenu, peut-être pendant de longs mois encore.

•    Troisième cas : Il est possible que votre homéopathe ne soit pas un pur, mais un éclectique, c'est-à-dire qu'il ne se contente pas de la méthode hahnemannienne, mais la couple avec d'autres. Dans certains cas, il admettra l'allopathie comme la seule, actuellement, à pouvoir vous soulager. Plus souvent, il fera appel à d'autres thérapeutiques plus marginales, telles l'acupuncture et la chiropraxie, l'organothérapie et l'oligothérapie, la phytothérapie et l'aromathérapie.